Expérimentation: compost et semences (Intro)

L'histoire du poivron pas-perdu

     Lorsque j'ai pris la décision de me lancer dans le potager, la saison était déjà trop avancée pour commencer cette année. Par contre, j'avais amplement le temps pour m'informer, lire et me préparer pour planter l'an prochain.

     Tout à commencé avec un poivron rouge périmé. Plutôt que de le jeter, j'ai pensé le mettre en compost; à noter que je ne suis pas du tout équipé pour faire du compost... et je pense qu'ici, je n'ai techniquement pas le droit de le faire, selon le règlement des copropriétaires... Mais, têtue comme je suis, vous savez...
     Nous avons un gros pot de terre cuite brisé sur notre terrasse, hérité des anciens copropriétaires; on a tenté de le jeter, pour se rendre compte qu'il est pratiquement "enraciné" au sol, le fond à disparu et puis, on a eu cette idée "rebelle" de partir un compost... dans ce pot. Puisqu'il est déjà connecté à la terre, qu'il contient déjà de la terre... pourquoi pas?
     Tout ce que je sais, pour l'instant, du compost, c'est qu'on "donne les aliments à la terre" et que ceux-ci redeviendront de la terre. Je sais que le compost produit un liquide qu'on appelle "du thé de compost" et que ce liquide est incroyablement riche pour le potager, comme un fertilisant naturel. Dans le cas de notre installation fait maison et choisi au dernier instant, nous n'avons rien pour collecter le thé de compost. Il ira directement à la terre. C'est à peu près tout ce que je sais. Oh, eh puis, il ne faut éviter de laisser des graines: elles peuvent pousser dans le compost. Voilà, c'est tout ce que je sais!

     Donc, pour en revenir à mon poivron rouge tout ridé et partiellement périmé, j'ai entrepris de le couper pour le redonner à la terre. J'ai eu ce sentiment incroyable qui m'a traversée, celui que ce poivron n'était finalement pas gaspillé. Il est en fait utile à enrichir la terre que j'utiliserai l'an prochain dans le potager.
     En le coupant, nécessairement, je tombe sur les graines en son cœur, ces graines de poivrons qui m'ont toujours embêtées lorsque j'ai coupé tous les poivrons qui ont nourri ma famille et qui vont partout. Mais là, c'était une toute autre histoire, puisque je n'allais pas cuisiner ce poivron. Et qu'il ne faut pas mettre les graines dans le compost.
    J'ai donc entrepris d'enlever les graines et les mettre dans un petit pot, que j'ai mis de côté, puis j'ai coupé le reste de ce poivron pour qu'il soit plus aisément compostable. Je l'ai mis dans un pot trouvé dans la récupération et j'ai dû quitter la cuisine pour une urgence maman selon la vie d'une enfant de quatre ans. J'oublie cette histoire, la vie suit son court.

     L'heure de préparer le souper arrive, j'épluche un concombre et une carotte et comme j'ai ce pot avec des morceaux de poivrons rouges qui commencent à parfumer la cuisine, je décide d'ajouter les pelures dans ce pot. Une fois les enfants couchés et le chaos endormi, j'ai enfin un moment pour sortir sur la terrasse avec mes restes de table et ce poivron périmé et c'est le début d'une histoire d'amour entre moi et le compost.
     J'ai déposé bien des reste de table (végétal) dans ce pot et lorsque le froid est arrivé, j'ai recouvert avec les branches taillées de la haie de cèdres. On verra au printemps ce que ça donnera. Il y a aussi eu une histoire d'amour entre mon compost et un raton-laveur qui a renverser un de mes pots de fleurs avec un reste de terre, transformé en pot de compost pour cet hiver... Ça, c'est peut-être l'histoire de la raison pourquoi le compost est interdit ici (je dois vérifier le règlement... je n'en suis pas certaines).

     Mais, il y a aussi dans cette histoire, un coup de foudre pour les semences. Les graines de poivrons rouges sont restées dans leur petit pot jusqu'à ce que je trouve un moment de faire un ménage. Je ne les ai pas exactement oubliées. J'ai plutôt compris que, ben... dah! Ce sont des semences! Pourquoi ne pas les conserver et tenter de les planter dans mon potager au printemps prochains?
     Je ne sais rien des semences, mais là, vraiment rien! J'ai lu qu'il faut quelques années d'expérience de jardinage pour savoir partir ces propres semences. Je ne pensais pas m'y mettre sérieusement avant quelques années. Mais c'était irrésistible! Je devais les garder, comme un bijou ou... un je-ne-sais-trop de précieux. Je ne m'attend pas nécessairement à réussir du premier coup. En fait, je pense plutôt expérimenter et apprendre de mes échecs avec ces premières semences...
     Ce poivron rouge périmé est devenu légendaire: il a été le lancement du compost et le démarreur de ma collection de semence. Depuis, simplement avec la nourriture que j'ai acheté, j'ai récolté les semences de poivron rouge, poivron orange, poivron jaune, poivron vert, de courge doubeurre (butternut), courge poivrée (courgeron), courge patidou, melon miel, cantaloup, tomates (plus difficiles, je vous donnerez une autre fois la recette), mangue et avocat (dont un noyau d'avocat qui a super bien germé, je vous en reparlerai dans un autre article). J'ai aussi des expérimentations pour des noyaux d'olives et des amandes.

     Je me suis découvert une vraie passion! Je n'ai aucune idée si je récolte mes semences "de la bonne façon". Je ne sais toujours pas si ces semences germeront. C'est une histoire à suivre. Ce qui compte pour le moment, c'est le plaisir de le faire.
     Je compte acheter un livre pour en apprendre plus sur les semences. Mon choix est tombé sur « Les semences de Kokopelli ». À 55€ le livre + 40€ de livraison... ahum... je vais devoir ramasser mes sous... Mais, ci-tôt que je l'aurai sous la main, je pourrais vous en parler davantage, voir peut-être lui dédier un petit article-critique sur ce livre, à référer ou non.

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